Lycée Louis Feuillade

Arts plastiques & Cinéma audiovisuel

Le panaroma : de la petite contemplation à l'art immersif

Cela concerne :
  • Les dispositifs visuels ou audiovisuels basés sur la projection d’images à défilement horizontal. Le spectateur étant généralement statique.
  • Les lieux avec des images panoramiques à découvrir en se déplaçant.
  • Les photographies numériques à effet panoramique.
  • Les grandes peintures panoramiques.

Les panoramiques peuvent être présentés dans des dispositifs monumentaux. Ils existaient déjà au XiX siècle.
Aujourd’hui, dans l’art contemporain, avec les ressources numériques, les artistes proposent des œuvres qui nous plongent encore plus facilement dans des dispositifs immersifs spectaculaires.
Les particuliers peuvent aussi pratiquer la photo panoramique avec les applications photo des smartphones.

Les effets panoramiques du smartphone

AUjourd'hui, tout le monde peut pratiquer la photographie panoramique en utilisant les applications des smartphones.
Les ratés, les imprévus donnent des images étonnantes avec des narrations improbables.
Mais les utilisateurs qui maitrisent l'utilisation de l'effet panoramique savent réaliser des images singulières.
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Les spectacles du XIX

Le premier panorama, en France, fut inauguré à Paris en 1800. On sait que toute invention est toujours précédée de découvertes antérieures et que c’est par amélioration de celles-ci ou par l’intuition qu’elles génèrent, qu’une invention voit le jour. Concernant les panoramas, cette hypothèse se vérifie et, sans remonter, comme le font certains, jusqu’aux fresques peintes décorant les grottes préhistoriques, on peut établir un lien entre les panoramas et les transparents de Carmontelle.

Tout au long du 19ème siècle les panoramas ont connu des succès populaires importants. Ces dispositifs parfois monumentaux étaient présents dans de nombreux pays.

Voir la "Petite histoire de panoramas" de Claude Lamboley
  • Les premières coupoles des Panoramas à Paris sur le boulevard Montmartre (1802)
    Les premières coupoles des Panoramas à Paris sur le boulevard Montmartre (1802)
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    Diorama de Daguerre

Panorama et cinéma

Le panorama s’est essoufflé avec l’essor du cinéma et les grandes rotondes ont fermé. Mais, l’effet que procure une image de très grand format ne pouvait que les rappeler au plaisir de tous. Tout d’abord sous la forme des planétariums, puis au cinéma pour une première tentative proposée par Abel Gance, puis par Disney dans ses parcs d’attractions. En fait le Napoléon d’Abel Gance, réalisé en 1927 ne possède qu’une seule séquence ayant bénéficié de la projection sur trois écrans. Le système Polyvision mis au point par Émile Vuillermoz s’est révélé trop complexe à mettre en place et à maintenir, il a fini par être abandonné. On va toutefois voir se développer des projets de projets multi écrans qu’il serait ici trop long d’énumérer, mais on peut avoir en tête le Vitarama (1939, 11 caméras), le Cinérama (1952, 3 caméras), le Circlorama (1958, 11 caméras), l’Hexiplex (1992, 6 caméras). Chez Disney, c’est le Circarama qui offre aux visiteurs une rotonde immersive avec onze écrans disposés en couronne.

Il y a eu ensuite le PANRAMA, puis l 'OMNIMAX (procédé à la géode à Paris) et enfin le procédé IMAX qui se développe dans les cinéma Multiplexes sur des écrans de 22m x 16m.

Noter qu'au Futuroscope de Poitiers il y a de nombreuses attractions basées sur des procédés paroramiques.
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Le system Polyvision d'Abel Gance

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Le Cinerama de Disney

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L'IMAX expliquer dans "c'est pas sorcier"

Dans le champ des arts plastiques

Dans la peinture les oeuvres de grands formats qui imposaient le regard panoramique ont (presque) toujours existé.
Citons trois exemples :
- Un enterrement à Ornans (1850) de Gustave Courbet, certes il ne fait que 7m de long mais le traitement d'un tel sujet sur cet longueur impressionne toujours le spectateur.
- Le Panorama de Bourbaki à Lucerne en Suisse. Œuvre du peintre genevois Edouard Castres, assisté par Ferdinand Hodler, Paul de Pury et Auguste Bachelin, avec un diamètre de 40 mètres et une surface de 1 100 m2, il est le plus grand d'Europe. Réalisé en 1912, il retrace un épisode dramatique de la guerre franco-prussienne.
- La tapisserie de Bayeux. Cette œuvre, unique et spectaculaire, a été exposée pour la première fois dans la cathédrale de Bayeux, en 1077. C’est une bande de toile de 50 cm de large et de 70 m de long, qui devait être accrochée le long des murs de la cathédrale, à l’occasion de circonstances exceptionnelles. A la différence des transparents de Carmontelle, cette bande de tissu, d’ailleurs non transparente, n’est pas faite pour se dérouler devant un spectateur, mais c’est ce dernier qui, en se déplaçant le long de la tapisserie, peut suivre le déroulement de l’histoire. Cependant, la finalité est la même. Comme dans les transparents, cette tapisserie est une véritable bande dessinée. Entièrement brodée, elle raconte une histoire se déroulant dans le temps : celle du débarquement en Angleterre de Guillaume le Conquérant.

A ces oeuvres historiques on doit également ajouter le Cycle des Nymphéas du musée de l'Orangerie de Claude Monnet qui fait partie du programme : "Du projet à la réalisation d'une œuvre monumentale"

Les installations d'images panoramiques sont nombreuses dans l'art contemporain. Impossible de dresser ici un inventaire.

Souvent réalisées dans des espaces immersifs à l'aide des moyens technologiques, elles peuvent être le fruit d'un long travail manuel. C'est le cas du "Dessin immersif à 360 degrés" de Oscar OIwa réalisé en 2018 avec 120 markers pour la Maison de la Culture du Japon à Paris, il plonge le spectateur dans un triptyque urbain le menant de Rio à Tokyo en passant par Paris, sur les traces olympiques du dépassement de soi.

Et quand de grands noms de l'art contemporain utilisent des technologies numériques complexes on découvre parfois des oeuvres attractives d'une grande singularité. C'est le cas de "Dreamers" de Bill Viola oeuvre réalisée en 2013. Une installation visuelle et sonore sur 7 écrans.
Sur chacun des sept écrans alignés aux murs d'une salle obscure un personnage de taille quasi humaine semble dormir, comme en apesanteur, à peine mu avec douceur par la nappe d'eau dans laquelle il paraît immergés. De temps à autre quelques minuscules bulles cheminent, attestant par la même du milieu aquatique dans lequel chacun d'eux baigne, étendu comme sur une couche, ou comme en un cercueil.
C'est une expérience étrange que de se poser face à ces Dreamers et de les regarder à loisir dans cet état singulier, hors de l'espace-temps qui est celui de la condition humaine.

L'attrait du public pour les immersions redéfini les frontières entre les genres et élargi davantage le champ des créateurs. Des collectifs de créations numériques proposent à travers le monde des oeuvres aussi bien destinées aux festivités d'entreprises privées, que pour des expositions dans les circuits classiques de l'art (centre d'art, musée, festivals culturels, etc.).

Bien souvent les oeuvres réalisées, imposent au spectateur une contemplation panoramique.

Deux ressources pour illustrer ces créations à destinations culturelles élargies :
- L'article de "Beaux arts Magazine, sur la fièvre de l'art immersif. (2019)".
- "Festival de l'art immersif à Paris le 18-24 octobre 2019

Parmi ces les nombreux exemples cités dans ces ressources on pourrait mettre en avant un exemple :

Spectre Lab : un collectif interdisciplinaire.

Des collectifs d'artistes et d'ingénieurs, des entreprises de spectacle et de communication d'entreprises, s'engagent dans des projets numériques spectaculaires et innovants. Les spectacles qu'ils produisent sont à l'échelle de notre temps ce que d'autres créateurs d'autrefois proposaient avec leurs propres moyens aux publics enthousiastes des expositions universelles du XIX. Space Lab est l'un de ces collectifs qui a aujourd'hui une notoriété grandissante. C'est un studio créatif pluridisciplinaire. Issue d’horizon divers, l’équipe parisienne maîtrise à la fois les aspects artistiques et techniques d’un projet (concept, scénographie, définitions techniques, projections grands formats, animations 3D, production..). Le studio intervient sur tout type de projet, du plus intimiste au plus complexe ou de grande envergure.



Gustave Courbet - Un enterrement à Ornans - 1850 - 315cm x 668cm

Gustave Courbet - Un enterrement à Ornans - 1850 - 315cm x 668cm

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Le Panorama de Bourbaki
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Dessin immersif à 360 degrés" de Oscar OIwa

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"Dreamers" Bill Viola 2013

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Un spectacle panoramique de Spectre Lab

Spectre Lab, Ombres Douces, 2019

Spectre Lab, Ombres Douces, 2019
Le spectacle "ombres douces" s'apparente visuellement au théâtre des ombres de Boltanski