Lycée Louis Feuillade

Arts plastiques & Cinéma audiovisuel

« Chassez et collectionnez des identités »


A partir de ce thème, réaliser la  production artistique de votre choix. Vous avez le libre choix des matériaux et des supports. Cela peut être une ouvre sur un support unique ou sur plusieurs supports. Travaux à plat ou en volume, installation, film, photo, etc.


Pour le carnet de travail :
- Créer des croquis et des dessins de préparation. Cela concerne aussi bien des dessins de propositions que vous avez abandonnées. Ces croquis du projet retenu (y compris ses évolution) ainsi que les projets non retenus devront figurer dans votre carnet de travail.
- Ajouter éventuellement des photos si cela est nécessaire.

Référence artistique :
- Chercher une oeuvre du champ artistique qui pourrait se rapprocher de votre travail. Cela ne veut pas dire que cette oeuvre ressemble visuellement à la votre mais il vous appartient de trouver une relation avec votre travail. Cela peut concerner la démarche, le thème, un point de réflexion de votre choix, etc..
- Réaliser un petit texte sur cette oeuvre en expliquant pourquoi elle nourrit votre travail.

Conseils :
Etudier les définitions des mots. Réfléchissez sur votre compréhension de la phrase.

Observations :
Le projet actuel n’est nullement abandonné. SI vous l’avez emporté chez vous, vous pouvez le poursuivre. Sinon, vous le reprendrez à votre retour en classe.

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Fiche d'oeuvre d'art

Stacks Image 14

Christian Boltanski "Reserve" 1990

Type d’œuvre : installation

Matériaux : Vêtements, lumières, chaleur et odeur.

Dimensions : Elles varient en fonction où est installée l’œuvre

Place du spectateur : « Le visiteur ne sera pas devant une œuvre, il sera dans une œuvre… ». Cette phrase de l’artiste énoncée plus tardivement résume la position intégrante du spectateur

Composition et organisation : Empilement, accumulation organisés en 3 rangées

Couleur  et lumière : couleur des matériaux bruts; celle des vêtements. La lumière fait partie intégrante de l’œuvre. Elle est matérialisée par des éclairages au-dessus des vêtements dont la lumière est rasante. La chaleur des éclairages amplifient l’odeur de grenier et de poussière contenue dans les vêtements. 

Significations de l’œuvre : La pièce est confinée, des vêtements accumulés recouvrent la totalité des murs. La lumière au-dessus des vêtements amplifie la chaleur de la pièce et l’odeur des vêtements. Une atmosphère plutôt étouffante que Boltanski saura mettre en exergue plus tard dans une autre installation au MAC de Marseille où il ajoute aux vêtements une bouilloire avec de l’eau dégageant de la vapeur, ce qui n’est pas encore le cas ici.
En 1988, Boltanski commence à utiliser un nouveau matériau : le vêtement, qu’il utilise tout d’abord pour créer une œuvre profondément émouvante : Réserve, Canada. Il s’agit d’une pièce qui fait allusion aux entrepôts dans lesquels les nazis remisaient les effets des personnes déportées. L’usage du vêtement chez Boltanski est donc d’emblée lié au thème de la mort, comme c’était déjà le cas pour la photographie. Pour lui, « La photographie de quelqu’un, un vêtement ou un corps mort sont presque équivalents : il y avait quelqu’un, il y a eu quelqu’un, mais maintenant c’est parti ». Le vêtement est une trace ou une empreinte d’une vie passée.
C’est à ce titre que les vêtements sont présents dans la série des Réserves réalisées à la suite de « Réserve, Canada ». Chacune est une variation d’installation sur le thème de la disparition et du souvenir. Dans « Réserve : la Fête de Pourim », 1989, ou dans « Réserve Lac des morts », 1990, les vêtements sont laissés au sol ; dans « Réserve du Musée des enfants », 1989, ils sont empilés en rang
Avec la "Réserve" de 1990, Boltanski tapisse les murs d’une salle entière de vêtements usagers, voire poussiéreux, qui répandent une odeur de grenier. Car la forte présence de l’œuvre ne se manifeste pas seulement visuellement, mais par une dimension olfactive rarement exploitée en arts plastiques.
Comme les autres œuvres de la série, la Réserve de 1990 crée un environnement incitant à une méditation mélancolique sur le corps comme enveloppe vulnérable, sur la vanité et sur la mort, qui sont les sujets de prédilection de Boltanski durant les années quatre-vingt-dix.

Courte biographie de l’artiste : Christian Boltanski est un acteur majeur de l’art contemporain français. D’envergure internationale, son œuvre est affiliée au courant des Mythologies Personnelles. Proche du travail d’Annette Messager (dont il partage la vie depuis plusieurs décennies), Boltanski cultive, depuis la fin des années 1960, la narration personnelle et la mise en scène du « Je ». Qu’il s’agisse de fictions ou de réalités (si tant est), les installations mémorielles de Boltanski forment des sortes de palais de la mémoire. Conjuguées à la première personne du singulier pour mieux toucher la mémoire collective, les œuvres de Boltanski répertorient, tout en conférant de la singularité au répertorié. Sculptures, photographies, assemblages, vidéos, films, collectes sonores… La création protéiforme de Boltanski embrasse l’espace et les possibles.